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09.02.2008

Le meurtre de l'Underwood (partie 1)

ca150f5ca60698445e0f9e5ba508cb3a.jpg8 juillet 2213 - Paris (États-Unis d’Europe)

Il était 16 h 03, quand le signalement d’un meurtre commis au Bloc 9, Section Ouest du Quartier des OGM, arriva au Central Sécuritaire, qui envoya aussitôt R-Job et R-Lex, deux de ses meilleurs robots-enquêteurs.

Ces derniers qui avaient l’habitude de travailler ensemble, se rendirent très vite au Quartier des OGM qui, comme son nom l’indique, était une zone rurale avec ses pelouses synthétiques et ses nombreuses fontaines virtuelles.

Les deux enquêteurs sortirent de leur XX 4000 à propulsion hydrogénique et se dirigèrent vers l’entrée du Bloc 9, un immeuble cylindrique de 55 étages en plexiglas. Des robots-gardiens de la paix étaient stationnés devant dans leur uniforme en latex noir.

R-Job et R-Lex leur montrèrent aussitôt leur carte de service.

— Très bien, dit l’un des robots-gardiens de la paix, je vais vous conduire dans l’appartement où a eu lieu le meurtre.

Tous les trois prirent l’ascenseur qui s’arrêta au quarante-huitième étage, et suivirent un long couloir jusqu’à un appartement dont la porte était ouverte. À l’intérieur, ils trouvèrent deux autres robots-gardiens de la paix, ainsi qu’un homme petit et chauve en veste bleue, qui étaient debout, immobiles, près d’un individu allongé sur le sol, baignant dans une flaque de sang.

Les deux enquêteurs se présentèrent de nouveau, et l’homme à la veste bleue s’exclama :

— Ah, s’il vous plaît, retrouvez le coupable !

— On va faire de notre mieux, déclara R-Job. Mais qui êtes vous donc, monsieur ?

— Je suis un ami de la victime, dit l’homme à la veste bleue. J’étais venu lui rendre visite. Comme il ne répondait pas, j’ai utilisé le code digital qu’il m’avait fourni pour ouvrir la porte, et une fois entré, je l’ai trouvé comme il est maintenant.

L’un des deux robots-gardiens de la paix qui attendaient avec l’homme à la veste bleue, dit alors :

— La victime s’appelle John Goddam ; il est né le 4 septembre 2173 dans l’État de Britanie, et il s’était installé en Francie il y a 8 ans.

— On lui connaissait des ennemis ? demanda R-Lex.

— À ce stade de l’enquête, on ne peut encore rien dire, répondit le robot-gardien de la paix.

R-Lex et R-Job hochèrent la tête. Ils étaient parfaitement identiques tous les deux, avec leur crâne lisse et leur visage inspiré de celui de David Bowie, un artiste des siècles passés. Leur ressemblance était par ailleurs accentuée du fait qu’ils portaient chacun la combinaison en latex jaune de leur brigade d’Inquisition, et avaient tendance à afficher les mêmes mimiques, voire les mêmes tics.

Ils arpentèrent alors toutes les pièces de l’appartement, bras tendus, mains ouvertes et doigts écartés, afin de capter toutes les données magnétiques environnementales, qui étaient aussitôt transmises à l’ordinateur globaliste du Central Sécuritaire.

Une fois ce travail terminé, R-Lex lança aux robots-gardien de la paix :

— Bon, il faut appeler une ambulance afin de conduire le cadavre à l’Institut médico-légale. Vous prendrez aussi la déposition de l’ami de la victime par captation génétique.

Puis les deux enquêteurs quittèrent les lieux.

Trois heures plus tard, ils furent réunis dans le sas de synthèse du Central Sécuritaire avec le médecin légiste, afin d’écouter le compte rendu donné par leur chef de brigade, qui était également un robot, doté de larges narines et de lèvres charnues, répondant à l’appellation de R-Jens.

Ce dernier commença :

— Bon, la victime a été tuée suivant la pratique de l’égorgement. Sa gorge a été tranchée dans le sens vertical, avec une légère bifurcation horizontale à l’approche du menton. L’objet utilisé est sans nul doute cet instrument que l’on appelait autrefois un couteau, et dont normalement on ne trouve plus un seul exemplaire depuis cinquante ans. Rappelez-vous, à l’époque, suite à ce que l’on a appelé le syndrome de Jack, et une multitude d’égorgements, une chasse aux couteaux a été effectuée sur toute la planète. Officiellement, on n’en trouve plus depuis très exactement l’année 2183.

— Il faut croire qu’il y en a au moins un qui a échappé à la chasse, suggéra R-Job.

— M’ouais, peut-être, fit le chef de brigade. En tout cas, autre point important, le Bloc 9 est parfaitement sécurisé ; toute intrusion incohérente aurait forcément laissé des traces. Or, les différentes analyses n’ont rien révélé ; absolument rien.

— Incroyable ! fit R-Lex, la victime aurait donc été égorgée par un fantôme ? Car je ne pense pas que les systèmes de sécurité puissent profiler les manifestations irrationnelles.

Le médecin légiste, qui lui était un parfait humain de trente-cinq ans aux cheveux et à la moustache noirs et broussailleux, vêtu d’une grande blouse blanche, intervint :

— Ce serait alors un fantôme qui aurait le geste sûr, car si l’on excepte une légère déviation dans la trajectoire de la lame, le coupable a opéré de façon déterminée.

— Pourquoi un fantôme ne serait-il pas déterminé et n’aurait-il pas le geste sûr ? plaisanta R-Job.

Les déclarations respectives des deux robots-enquêteurs ne furent pas du goût du médecin légiste, un orthodoxe du rationalisme, et le chef de brigade intervint aussitôt :

— Ne nous perdons pas dans des considérations hasardeuses. D’autant qu’il existe un élément des plus surprenants.

— Quoi donc ? fit R-Job.

R-Jens marqua une légère pause avant de répondre :

— Eh bien, nous avons trouvé dans l’appartement de la victime, un objet, ou plutôt un instrument vraiment curieux.

Le chef de brigade claqua alors ses doigts, et l’écran qui était fixé à l’un des murs de la pièce s’éclaira, puis apparut très vite dessus, quelque chose qui tira de l’assistance des exclamations de surprise.

(La suite samedi prochain…)

Commentaires

C'est une obsession ces fantômes !

Ecrit par : sophie | 09.02.2008

Sacripan... va falloir attendre une semaine pour la suite!!! c'est bien parti...

Ecrit par : sister for ever | 09.02.2008

J'aime beaucoup le mélange du futur et de ces mots venus du passé...Un début qui promet.

Ecrit par : enriqueta | 13.02.2008

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