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23.02.2008

Le meurtre de l'Underwood (partie 3)

bc65732187bed49d36006bc67a31e85a.jpgRésumé de la partie 1  et de la partie 2 : Le meurtre commis de façon apparemment irrationnelle à l’encontre de John Goddam originaire de Britanie, amène les deux robots-enquêteurs R-Job et R-Lex à entrer en action. La découverte du mot UNDERWOOD inscrit sur un mystérieux instrument qui se trouvait dans l’appartement de la victime, donne soudain l’idée à R-Job de partir pour le XIXème siècle.

 

R-Jens fut encore étonné.

— Je ne comprends pas, R-Job, pourquoi vous voulez partir pour le XIXème siècle ?

L’intéressé eut un petit sourire.

— Eh bien, voyons, la victime a été égorgée avec un couteau, objet devenu introuvable sur la Terre. Alors, une supposition : et si ce couteau venait d’un autre siècle ? De celui par exemple, qui a vu sévir un certain Jack que l’on n’a jamais identifié.

R-Jens fronça les sourcils.

— Vous êtes en train d’insinuer que Jack serait arrivé du XIXème siècle jusqu’à l’appartement de John Goddam, en plein XXIIIème siècle, pour assouvir ses penchants sanguinaires ! C’est un peu tortueux comme raisonnement, non ?

— Peut-être y est-il arrivé par hasard, suggéra R-Job ; les frictions infra-temporelles, ça existe, non ?

— Sans doute, fit R-Jens, mais enfin, c’est quand même très rare.

Le médecin légiste qui semblait bouillir dans son coin, intervint brusquement :

— Je vous rappelle que Jack éventrait ; alors que la victime a été simplement égorgée. Je sais de quoi je parle, c’est moi qui ai pratiqué l’autopsie !

— Il se contentait parfois d’égorger, dit R-Lex.

— Non, il éventrait ! insista le médecin légiste.

— R-Lex a raison, fit R-Jens, il lui est arrivé d’égorger simplement.

— Ah, bande de maudits robots ! s’énerva le médecin légiste, vous voulez toujours avoir raison ! Ce que vous pouvez être agaçants à la fin ! Bienheureux les Terriens des siècles passés qui n’étaient pas encombrés de vous !

— Ça suffit ! ordonna R-Jens, très en colère ; vos propos robotphobes pourraient vous coûter très cher !

— D’accord, d’accord, fit le médecin légiste, je préfère m’en aller. De toute façon, je sais bien que ça sera bientôt pour de bon, et sans qu’on me demande mon avis !

Il quitta la pièce, et ayant apparemment ravalé sa colère, R-Jens reprit :

— En tout cas, je ne crois pas qu’un voyage dans le temps s’impose.

— Écoutez, reprit, R-Job, avez-vous pu dater l’étrange instrument qui se trouve sur cette table ?

R-Jens prit un air embarrassé.

— À vrai dire, non. Nous avons quelques problèmes informatiques. Nous n’avons d’ailleurs pu faire qu’une analyse partielle du couteau.

— Il n’a pas été daté non plus ? demanda R-Job.

— Non, reconnut, R-Jens.

— Eh bien, justement, poursuivit le robot-enquêteur, j’ai comme l’intuition que ces deux objets proviennent du XIXème siècle, et qu'ils ont appartenu au fameux Jack. En allant y voir sur place, je suis persuadé que nous ferons avancer grandement l’enquête.

— Après tout, pourquoi pas, admit R-Jens. D’autant que nous n’avons vraiment aucun moyen pour identifier à partir de nos données, cet instrument portant la mention UNDERWOOD.

— Nous nous en doutons bien, fit R-Lex, sinon vous nous auriez fourni la solution. Mais alors, il ne se trouve donc pas dans la banque de données généralisées ?

— Hélas non, répondit R-Jens ; il fait partie de ce que l’on appelle les oubliés, suite à la catastrophe écologique de 2075. En ces temps bien lointains, la détérioration ultime de la couche d’ozone a entraîné des rayonnements de fréquence OMEGA+ qui ont réduit en poussière les livres en l’espace de quelques heures. Les spécialistes avaient prévu cette catastrophe et avaient demandé que toutes les données encyclopédiques soient saisies sur informatique. Mais il y a eu des ratées, et malheureusement cet étrange instrument fait partie du lot.

— Bon, alors, il n’y a vraiment plus rien qui s’oppose à notre départ, conclut R-Job.

— OK, fit R-Jens, vous allez pouvoir prendre place à bord d’un Tempornef.

Les quatre robots, dont l’assistante qui n’avait pas prononcé une seule parole comme l’exigeait sa fonction, quittèrent la pièce.

R-Jens emmena R-Job et R-Lex jusqu’à un sas qui se trouvait au dernier étage de l’immeuble du Central Sécuritaire. Là, était installé sur une plate-forme un Tempornef, c’est-à-dire un appareil de forme ovale en thumbostène, un métal obtenu à partir de minerais provenant de Saturne. Les deux enquêteurs prirent place à l’intérieur, bouclèrent leur ceinture, et R-Jens demanda alors :

— Vous saurez vous débrouiller pour piloter cet engin ?

— Pas de problème, fit R-Job, je positionne le GPT sur l’année 1888, très exactement au mois d’août, et sur le quartier de Whitechapel à Londres, État de Britanie.

— Angleterre, rectifia R-Lex ; en 1888, l’État de Britanie s’appelait l’Angleterre.

— Très juste, cher confrère, fit R-Job. Alors, je positionne 342,6667° temporatitude Ouet, et 525µ géosynthèse Nord.

Le robot pianota sur les touches d’un cadran situé juste devant lui, et le Tempornef se mit à vibrer.

— À toi l’honneur, cher ami, fit-il à l’intention de R-Lex en lui désignant de l’index une manette.

L’autre robot-enquêteur s’exécuta, et aussitôt, les deux confrères furent plaqués à leur siège, tandis qu’une multitude de cercles multicolores se mirent à tourner dans l’habitacle du Tempornef.

 

(la suite samedi prochain)

Commentaires

Vas-tu réécrire l'histoire de Jack l'éventreur?? c'est un grand fantasme que de repartir dans le passé pour le changer...

Ecrit par : sister for ever | 23.02.2008

L'uchronie passionne bcq d'auteurs de science fiction. l'humour de ce récit m'a bcq plu. Continue sur ce ton Patrick, c'est bon.

Ecrit par : sophie | 23.02.2008

J'adore les voyages dans le temps! J'aime beaucoup ton histoire bien que moi aussi je sois robotphobe.

Ecrit par : enriqueta | 24.02.2008

Je me souviens de Dominique D, qui avait dit au petit garçon qui jubilait en nous racontant des films de robot "y font caca les robots ?"
il était resté perplexe un petit moment.
Merci pour tes nombreux commentaires sur mon blog Pat.
Sophie

Ecrit par : sophie | 24.02.2008

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