« Le meurtre de l'Underwood (partie 7) | Page d'accueil | Une odeur de dinde »
29.03.2008
Le meurtre de l'Underwood (partie 8)
Résumé des épisodes précédents : un meurtre commis à l’encontre d’un certain John Goddam, amène R-Job et R-Lex, deux robots-enquêteurs du XXIIIème siècle, à se rendre au XIXème pour y trouver un couteau et la signification du mots « UNDERWOOD », figurant sur un mystérieux instrument trouvé chez la victime. Au cours de ce voyage dans le temps, ils rencontrent Sherlock Holmes ainsi que celui qu’ils croient être Jack l’éventreur, apprennent qu’une UNDERWOOD serait une machine à écrire, et trouvent un couteau apparemment semblable à celui ayant servi au meurtre. À leur retour en 2213, ils apprennent que la victime a eu pour ancêtres l’homme qu’ont rencontré nos deux héros au XIXème siècle et qui n’était pas du tout l’éventreur, ainsi qu’un écrivain de polars qui a publié en 1957 un roman intitulé « L’égorgeur fantôme ». Il n’en faut pas plus pour que nos deux héros partent pour cette année bien précise.
Les disque lumineux disparurent très vite, signe que le Tempornef était arrivé à destination.
— Au fait ! s’exclama R-Job, sommes-nous bien en 1957 ? J’ai pensé très fort à l’adresse que nous a indiquée R-Wong, mais nullement à l’année qui nous intéressait.
— Ne t’inquiète pas, cher ami, fit R-Lex, j’y ai pensé pour toi.
— Ouf, j’aime mieux ça, fit R-Job. En tout cas, trop d’automatisme n’est pas la meilleure chose qui soit. Bon, sortons maintenant.
Aussitôt les porte de l’appareil s’ouvrirent d’elles-mêmes.
R-Job hocha la tête.
— Enfin, ça dépend.
Puis les deux collègues sortirent de leur appareil.
Ils se trouvaient dans un grand parc, et s’en étonnèrent. Mais avant toute chose, ils s’employèrent à rendre invisible le Tempornef. Puis ils abordèrent une dame âgée accoutrée de parures différentes de celles du XIXème siècle, mais qui n’avaient toujours rien à voir avec les tenues courantes du XXIIIème, et lui demandèrent :
— S’il vous plaît, nous cherchons un lieu qui s’appelle Wardour Street.
— Wardour Street ! s’exclama la vieille dame, mais vous n’y êtes pas du tout ; ici vous êtes à Hyde Park, et Wardour Street se trouve du côté de Picadilly Circus !
— Tiens, notre cher R-Wong n’est pas si infaillible que cela, lâcha perfidement R-Job. Et comment peut-on se rendre à Picadilly Circus ?
— Le mieux est de prendre le métro, fit la vieille dame.
— Oh, le métro existait donc déjà à Londres en 1957 ! s’exclama R-Lex.
— Bien évidemment, fit la vieille dame en haussant les épaules, et en étant quand même assez étonnée par ce qu’elle venait d’entendre.
Les deux robots se mirent donc en quête d’une bouche de métro, qu’ils trouvèrent d’ailleurs assez vite.
Une fois sous terre, ils cherchèrent leur direction, et apercevant un panneau indiquant Picadilly Circus, ils s’engagèrent dans une allée. Mais tandis qu’ils passaient devant une guérite, une femme de forte corpulence et vêtue d’un uniforme qui était placée à l‘intérieur, s’écria :
— Hé ! où allez vous comme ça ?
— Eh bien, à Picadilly Circus, fit R-Lex.
— Et votre billet ?
— Notre billet ? fit R-Job.
— Oui, votre billet ; vous n’en avez pas ? Il faut en acheter un !
Nos deux amis se retrouvèrent fort désappointés, mais un individu coiffé d’un drôle d’objet noir en forme de coupole, intervint :
— Laissez donc, je paie les billets de ces pauvres hères, fit-il.
R-Job et R-Lex ne comprenaient absolument rien à la situation, mais attendirent quand même que l’inconnu s’arrange avec la femme en uniforme. Cela ne prit pas longtemps, et l’individu à l’espèce de coupole sur la tête les rejoignit, et leur dit en détaillant leurs combinaisons en latex jaune :
— Tiens, c’est la nouvelle tenue que l’Armée du Salut distribue aux indigents qu’elle ramasse dans la rue ?
Puis, comme les deux robots-enquêteurs ne répondaient rien, il poursuivit :
— Ne vous en faites pas, les gars, moi aussi j’ai connu des coups durs dans la vie, et je sais ce que c’est d’avoir faim. C’est pour cela, tout à l’heure, quand l’employée du métro a commencé à vous casser les pieds, je me suis dit qu’il fallait intervenir.
R-Job et R-Lex ne purent que hocher la tête en s’efforçant de sourire à leur « bienfaiteur ».
Celui-ci monta avec eux dans une rame de métro, et les accompagna jusqu’à la station Picadilly Circus, car pour sa part, il continuait plus loin.
— Allez, bonne chance, les gars ! leur lança-t-il tandis que les deux robots sortaient sur le quai.
Puis ils remontèrent à la surface, et arrivèrent à une place très fréquentée, autour de laquelle tournaient des automobiles aux formes curieusement arrondies, et ce qui devait être des bus, à étage, et de couleur rouge.
Ils se renseignèrent pour savoir où se trouvait Wardour Street à un individu grand et maigre, et celui-ci leur indiqua le chemin. Ils y arrivèrent assez vite, et trouvèrent sans difficulté le numéro 90. C’était une grande maison cossue semblable aux autres de la rue, en briques rouges, plutôt guillerette.
Ils sonnèrent à la porte, et très vite celle-ci s’ouvrit pour laisser apparaître quelqu’un de très élégamment vêtu suivant la mode des années 50 du XXème siècle, doté en plus d’une moustache finement taillée.
— Monsieur William Goddam, sans doute ? fit R-Job.
L’homme élégant sourit en disant :
— Ah, monsieur William Goddam n’habite plus ici depuis un mois ; j’ai emménagé à sa place.
R-Job et R-Lex prirent un air contrarié, et R-Job demanda :
— Sauriez-vous nous dire où nous pourrions le trouver ?
L’autre eut l’air franchement navré.
— Malheureusement non, je ne possède pas sa nouvelle adresse. Mais pourquoi vouliez-vous le rencontrer exactement ?
— Eh bien, commença R-Lex, c’est au sujet de son livre, « L’égorgeur fantôme ».
— « L’égorgeur fantôme » ! s’exclama l’homme à la moustache. Bigre, voilà bien un titre qui frappe ! Mais je ne savais pas que Mr Goddam écrivait.
— Pourtant il a publié ce roman en 1957, fit R-Job.
— Ah oui, fit l’homme à la moustache ; voilà qui est étrange. Remarquez, nous ne sommes qu’en février, l’année n’est pas terminée, ce roman a encore le temps de paraître. Mais il y a quand même une chose qui m’étonne ; comment pouvez-vous annoncer que ce roman est paru en 1957, comme s’il s’agissait d’une époque déjà lointaine ?
Ce fut R-Lex qui se lança.
— Eh bien, dit-il, parce que nous arrivons du XXIIIème siècle, et plus particulièrement de l’année 2213.
— My God ! s’exclama l’homme à la fine moustache. Ce n’est pas une plaisanterie au moins ? En tout cas, voici une information qui elle est absolument véridique, car vérifiable : je suis également écrivain, et je m’appelle James Hadley Chase !
( la suite samedi prochain)
06:12 Publié dans Feuilletons | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note




Commentaires
Oh Patrick! tu a réussi à créer un réseau d'auteurs de polars à travers les siècles... j'attends la suite!
Ecrit par : sister for ever | 29.03.2008
for ever.
Ecrit par : for ever | 31.03.2008
pour ce lien !
Ecrit par : Merci | 31.03.2008
Et bien! ces deux robots sont partis pour une nouvelle quête du Graal!
Ecrit par : enriqueta | 13.04.2008
Ecrire un commentaire