« Une odeur de dinde | Page d'accueil | Duo »
05.04.2008
Le meurtre de l'Underwood (partie 9)
Résumé des épisodes précédents : un meurtre commis à l’encontre d’un certain John Goddam, amène R-Job et R-Lex, deux robots-enquêteurs du XXIIIème siècle, à se rendre au XIXème pour y trouver un couteau et la signification du mots « UNDERWOOD », figurant sur un mystérieux instrument trouvé chez la victime. Au cours de ce voyage dans le temps, ils rencontrent Sherlock Holmes ainsi que celui qu’ils croient être Jack l’éventreur, apprennent qu’une UNDERWOOD serait une machine à écrire, et trouvent un couteau apparemment semblable à celui ayant servi au meurtre. À leur retour en 2213, ils apprennent que la victime a eu pour ancêtres l’homme qu’ont rencontré nos deux héros au XIXème siècle et qui n’était pas du tout l’éventreur, ainsi qu’un écrivain de polars qui a publié en 1957 un roman intitulé « L’égorgeur fantôme ». Il n’en faut pas plus pour que nos deux héros partent pour cette année bien précise, où à la place de William Goddam, il découvre James Hadley Chase.
Les deux robots regardèrent le dénommé James Hadley Chase d’un air interrogateur, et celui-ci dit :
— Ah, c’est vrai, vous arrivez du XXIIIème siècle, ma notoriété n’est apparemment pas parvenue jusque-là. Mais entrez donc, que nous nous entretenions un peu de ce qui vous préoccupe.
Les deux robots suivirent l’écrivain qui les amena dans une grande pièce meublée de façon assez proche de celle du XXIIIème siècle, si ce n’est que tous les accessoires apparemment en plastique ou assimilé, étaient apparents.
— Prenez place, messieurs, dit Chase, je vais vous servir un petit scotch.
Le voyant prendre une bouteille, R-Job s’exclama :
— Non, merci, nous ne buvons pas !
— Ah, vous ne touchez pas à l’alcool ? fit Chase.
— À rien du tout, précisa R-Job.
— Vous ne prendriez même pas un verre de lait ?
— Non, vraiment rien, fit R-Lex.
— Bon, alors, ok, fit Chase.
Au même moment, une sonnette retentit.
— Ah, c’est mon amie Agatha ! s’exclama l’écrivain.
Il alla ouvrir et revint avec une femme d’une bonne soixantaine d’années, aux cheveux blancs permanentés, élégamment vêtue à la mode de ce qui était assurément celle de 1957.
— Messieurs, fit James Hadley Chase aux deux robots qui se tenaient toujours debout dans la pièce, je vous présente mon amie Agatha Christie. Elle est romancière comme moi-même, et également dans le genre policier, mais en moins noir peut-être.
— Disons, commença Agatha Christie, que je fais plutôt dans le roman à énigmes, avec notamment mon célèbre détective Hercule Poirot, tandis que James met en scène des personnages glauques, et en plus dans le contexte des USA où il n’a jamais seulement posé un pied !
— Voyons, Agatha ! fit Chase en feignant de se fâcher, ce n’est pas la peine de divulguer mes secrets.
— Mais celui-ci n’en est plus un, se défendit Agatha Christie, et ces deux gentlemen doivent être au courant. Au fait, James, vous ne me les avez pas présentés !
— Oui, c’est vrai, fit Chase ; eh bien, je vous présente deux ressortissants du XXIIIème siècle, qui recherchent William Goddam, la personne qui m’a cédé cette maison, et plus particulièrement « L’égorgeur fantôme », un roman qu’il aurait écrit en 1957.
— Vous avez de plus en plus d’humour, James, estima Agatha Christie. Vous pourriez redevenir sérieux ?
R-Job intervint aussitôt.
— Madame Christie, tout ce que votre ami vient de vous dire est rigoureusement exact. Enfin, il manque encore un élément : R-Lex ici présent, et moi-même, sommes de parfaits robots.
Agatha Christie écarquilla tout d’abord les yeux, puis finalement dit :
— Bon, j’écris du policier, mais j’aurais aussi bien pu me lancer dans la science-fiction ; alors, pourquoi ne pas vous croire ?
— C’est tout à fait ce que je me suis dit en les écoutant, fit Chase.
— Alors, tout est pour le mieux, estima R-Lex.
— Et pourquoi cherchez-vous absolument William Goddam et son roman ? demanda Agatha Christie.
— Il faut que l’on vous explique tout, fit R-lex.
Et il se lança.
Lorsqu’il eut fini, il s’aperçut que les deux romanciers s’étaient assis chacun dans un fauteuil.
— Passionnant, oui vraiment passionnant, fit Agatha Christie après avoir repris ses esprits.
— Cher Agatha, fit Chase, je vais nous servir un scotch bien tassé.
— Oui, il sera le bienvenu, déclara Agatha Christie, car j’ai besoin de faire aller ma cervelle.
Et tandis que Chase était parti s’activer dans une autre pièce, Agatha Christie dit aux deux robots :
— Mais vous comprenez parfaitement notre langue, et de plus vous la parlez très bien !
— Oui, notre cerveau suprasonic est doté d’un système nous permettant d’avoir accès à tous les codes de correspondances, dont le vieux patois britanien.
— Le vieux patois britanien ! s’exclama Agatha Christie ; voilà qui est vraiment pittoresque.
— Sans doute, fit R-Lex, mais ce que l’on appelait autrefois l’anglais, est devenu dans notre XXIIIème siècle, un vieux patois.
— Incroyable ! s’écria presque cette fois Agatha Christie. Et quelle langue parle-t-on en Angleterre au XXIIIème siècle ?
— Ah, fit R-Job, en Angleterre que l’on appelle l’État de Britanie, on parle l’€uro, comme dans tout le reste des États-Unis d’Europe.
— Les États-Unis d’Europe ! fit Agatha Christie manifestement époustouflée. Eh bien, voilà qui me bouleverse encore plus que votre rencontre avec Sherlock Holmes, qui aurait véritablement existé selon ce que vous affirmez.
— Pour ma part, je n’en ai jamais douté, fit Chase qui revenait dans la pièce en portant un plateau. Par contre, j’ai toujours eu un doute sur l’existence de Winston Churchill !
Agatha Christie parut scandalisée.
— Allons, James ! comment osez-vous sortir de pareilles sottises ? Douter de l’existence de notre vieux lion !
— Mais voyons, Agatha, je plaisantais, bien sûr.
— Ah, j’aime mieux cela.
Chase posa le plateau sur une petite table basse, et reprit place dans son fauteuil. Bientôt, les deux écrivains commencèrent à déguster leur scotch. Agatha Christie s’interrompit toutefois assez vite pour dire à l’intention des robots :
— Au fait, puisque d’après vous le dénommé William Goddam aurait publié un roman dans le courant de l’année 1957, pourquoi n’emprunterions-nous pas votre machine à voyager dans le temps pour nous rendre en 1958 ? Nous serions alors certains d’y trouver le roman.
— C’est ma fois une très bonne idée, admit R-Job.
— Hum, fit James Hadley Chase, je ne sais pas si j’ai vraiment envie de voyager dans le temps.
— Allons, James ! fit la romancière, un peu d’audace !
— Heu, oui, peut-être, fit Chase, pas vraiment convaincu.
— Mais, monsieur Chase, fit R-Job, ce William Goddam ne vous a vraiment pas indiqué qu’il était romancier ?
— Non, pas du tout, fit Chase. Je sais qu’il travaille dans l’agro-alimentaire…
— L’agro-alimentaire ! fit R-Lex. Qu’est-ce donc ?
— Ah, comment vous expliquer ? Disons qu’il travaille pour une importante société ; la Société NUTRIVIA.
— NUTRIVIA ! s’exclama aussitôt R-Job. Cette société n’aurait-elle pas commencé à élaborer des pilules nutritives ?
— Tout à fait exact ! fit Agatha Christie. Des pilules qui seraient susceptibles de remplacer notre gigot à la menthe, notre pudding, et même notre thé ou notre brandy. Une hérésie, qui heureusement ne se réalisera jamais !
— Ne croyez pas cela, madame Christie, déclara R-Lex.
— Non, ne le croyez pas, dit à son tour R-Job. En tout cas, nous allons bien partir pour l’année 1958 afin de découvrir le roman « L’égorgeur fantôme », mais aussi parler avec son auteur de la Société NUTRIVIA !
( la suite samedi prochain)
09:11 Publié dans Feuilletons | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note




Commentaires
Bon... on n'avance pas beaucoup, mais voilà un nouveau personnage intéressant...
Ecrit par : sister for ever | 09.04.2008
Ecrire un commentaire