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12.04.2008

Le meurtre de l'Underwood (partie 10)

Résumé des épisodes précédents : un meurtre commis à l’encontre d’un certain John Goddam, amène R-Job et R-Lex, deux robots-enquêteurs du XXIIIème siècle, à se rendre au XIXème où ils rencontrent Sherlock Holmes, puis en 1957 où ils se retrouvent en compagnie de James Hadley Chase et d’Agatha Christie. Ils sont à la recherche d’un certain William Goddam, ancêtre de la victime, qui a par ailleurs écrit un roman policier intitulé « L’égorgeur fantôme ». Quand James Hadley Chase annonce que William Goddam est employé par la Société NUTRIVIA, tout comme le sera son descendant en 2213, les deux robots sont prêts à partir cette fois pour l’année 1958.

— Cette société aurait-elle donc de l’importance ? fit Agatha Christie.

— Oui, confirma R-Job. John Goddam, le descendant de William Goddam, y travaillait. Et il avait quitté la Britanie pour la Francie suite à une promotion, car le siège de cette société se trouve en 2213 à Paris.

— Britanie, Francie ! s’exclama Chase, décidément les gens du XXIIIème siècle ne manquent vraiment pas de poésie. Qu’en pensez-vous, Agatha ?

— Sans aucun doute, James, fit celle-ci, mais il s’avère que la famille Goddam entretient une relation avec la Société NUTRIVIA depuis plusieurs siècles. Enfin, si l’on se place en 2213, bien sûr.

— Oui, et cela pourrait d’ailleurs avoir un rapport avec le meurtre pour lequel nous enquêtons, fit R-Lex.

— Peut-être, fit Agatha Christie. Mais voyons comment procèderait mon cher Hercule Poirot s’il avait à démêler une semblable affaire ? Bah, il chercherait en effet à trouver un lien avec le passé. Votre idée de rencontrer William Goddam n’est pas mauvaise.

— Nous le pensons aussi, fit-R-Job.

Et il se tourna vers R-Lex qui acquiesça de la tête.

— Bon, reprit-il, vous êtes prêts à nous suivre jusqu’à notre Tempornef ?

James Hadley Chase pâlit.

— Non, vraiment, je n’y tiens pas, assura-t-il.

— À bien y réfléchir, je ne pourrai finalement pas vous accompagner, déclara Agatha Christie. J’ai un manuscrit à terminer dans les plus brefs délais.

— Très bien, fit R-Job, nous allons donc retourner à Hyde Park.

— Votre appareil se trouve là-bas ? demanda Chase.

— Oui, confirma R-Lex.

— Mais vous ne craignez pas que quelqu’un s’en accapare ? s’étonna Agatha Christie.

— Non, répondit R-Job, car nous l’avons rendu invisible.

— Ah, très astucieux, estima James. Mais vous n’allez pas vous rendre jusqu’à Hyde Park à pied ; je vais vous appeler un taxi.

Et c’est ainsi que les deux robots se retrouvèrent dans une grosse voiture aux formes arrondies et toute noire, après avoir salué les deux romanciers, et promis de revenir leur rendre une petite visite dès qu’ils en auraient le temps.

C’était James Hadley Chase qui avait réglé par avance la course compte tenu que les deux robots ne possédaient pas le moindre penny, selon le terme qu’il avait lui-même employé.

Le chauffeur de taxi était un petit gros à la bouille aussi ronde que rouge, qui regarda tout d’abord d’un drôle d’œil les deux individus vêtus de vinyle jaune qui avaient pris place à bord. Mais finalement il se dérida et échangea même quelques mots avec eux.

Quand il ne fut plus accaparé que par la conduite de son automobile, R-Job dit à son compagnon en parlant toutefois avec une certaine discrétion :

— As-tu vu comme les deux romanciers se sont dégonflés quand il a été question du Tempornef ? Même Agatha Christie qui avait pourtant l’air partante au départ, s’est rétractée.

— Oui, pas très téméraires ces humains, jugea R-Lex.

— Enfin, ne tombons pas dans l’humanophobie, fit R-Job.

Les deux robots pouffèrent, et gardèrent un air amusé jusqu’à leur arrivée à Hyde Park.

— Voilà, vous êtes rendus, fit le chauffeur de taxi ; je vous dépose devant l’entrée principale ?

— Heu… oui, fit R-Job.

Bientôt, les deux robots descendirent du taxi, et éprouvèrent simultanément le même malaise. Ils se trouvaient devant Hyde Park qui était un lieu immense où il n’allait pas être facile, pour ne pas dire impossible, de retrouver leur Tempornef. Voilà une évidence que leur cerveau pourtant suprasonic n’avait pas envisagé ou même capté.

Les deux comparses entrèrent dans le parc, et commencèrent à l’arpenter en pointant leur index et en pensant très fort que le Tempornef allait redevenir visible. Heureusement, il n’y avait pas trop de monde dans le parc, ce qui leur évitait de se faire remarquer. Ils déambulèrent ainsi pendant deux bonnes heures, sans avoir réussi à récupérer leur appareil. Alors, découragés, ils s’assirent tous deux sur un banc, et R-Job déclara :

— Bon, il ne nous reste plus qu’à attendre patiemment la publication du roman « L’égorgeur fantôme » du fameux William Goddam, puis de le rencontrer. Nous arriverons alors peut-être à résoudre enfin l’énigme qui nous est posée, et nous devrons attendre environ 256 ans pour fournir les conclusions de notre enquête à R-Jens.

— En effet, soupira R-Lex, faute de récupérer notre machine à voyager dans le temps, il ne nous reste plus qu’à utiliser la patience.

Mais le robot venait à peine de terminer sa phrase, qu’un bruit sourd retentit.

Les deux compagnons virent aussitôt, juste devant eux, un homme qui paraissait pour le moins groggy. Il était facile de faire le rapprochement entre le bruit entendu, et la situation de l’individu, qui venait très probablement de se cogner assez violemment contre quelque chose d’invisible.

Les deux robots se levèrent d’un coup et coururent vers l’individu.

Celui-ci paraissait plutôt sonné, mais tenait quand même debout.

— Ça va ? pas trop de mal ? demanda R-Job.

— Heu… non, bredouilla l’individu qui avait l’air vraiment de se demander ce qui lui était arrivé.

R-Job et R-Lex s’enquirent encore de son état de santé, mais comme l’individu partit bientôt d’un bon pied, ils se dépêchèrent de pointer leur index droit devant eux en pensant très fort au Tempornef, qui réapparut très vite. Ils se hâtèrent de prendre place à bord, puis partirent rapidement pour le mois de janvier 1958 où l’on devait être capable de trouver le roman de William Goddam.

Ils arrivèrent encore à Hyde Park qui était recouvert de neige. C’était vraiment l’hiver.

Les deux robots hésitèrent à rendre invisible leur appareil après ce qui s’était passé précédemment, mais s’y employèrent quand même après avoir repéré à proximité une grande pancarte ventant les mérites d’un produit appelé Coca-Cola, qui leur servirait assurément de repère. Puis ils sortirent du parc, et après avoir arrêté une passante pour lui demander où l’on pouvait trouver une librairie, ils empruntèrent une petite rue. Ils s’arrêtèrent bientôt devant une boutique somme toute pittoresque. Ils entrèrent, ce qui provoqua une légère sonnerie, et se retrouvèrent dans une petite pièce où un nombre effarants de livres étaient rangés sur des étagères. Pour les deux ressortissants du XXIIIème siècle qu’étaient R-Job et R-Lex, ce lieu était tout bonnement magique.

Un vieil homme tout ridé et vêtu d’un étrange vêtement gris lui arrivant aux pieds, qui se tenait derrière un comptoir, leur demanda :

— Je peux vous aider, messieurs ? Vous cherchez un ouvrage particulier ?

— Heu, oui, fit R-Job, « L’égorgeur fantôme » de William Goddam ; il s’agit d’un roman policier.

— Ah, désolé, fit le libraire, mais il ne m’en reste plus un seul exemplaire.

R-Job et R-Lex prirent un air contrarié.

— Ah, c’est très ennuyeux, ça, fit R-Job. Bon, nous allons devoir essayer une autre librairie.

Les deux robots allaient quitter les lieux, quand R-Lex demanda brusquement :

— Au fait, vous ne sauriez pas où l’on pourrait trouver William Goddam ?

Le libraire prit aussitôt un air malicieux pour répondre :

— 90, Wardour Street.

R-Lex sourit.

— C’est que nous sommes déjà allés à cette adresse, et nous n’y avons pas trouvé William Goddam, mais James Hadley Chase.

Alors le libraire ne put s’empêcher de pouffer, et d’annoncer, avec un air encore plus malicieux :

— Mais, mes chers amis, William Goddam et James Hadley Chase ne sont qu’une seule et même personne.

 

( la suite samedi prochain)

 

 

Commentaires

C'est vrai ça???

Ecrit par : sister for ever | 12.04.2008

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