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10.05.2008

Le meurtre de l'Underwood (partie 14)

Résumé des épisodes précédents : un meurtre commis à l’encontre d’un certain John Goddam, amène R-Job et R-Lex, deux robots-enquêteurs du XXIIIème siècle, à se rendre au XIXème où ils rencontrent Sherlock Holmes, puis en 1957 où ils se retrouvent en compagnie de James Hadley Chase et d’Agatha Christie. Ils sont à la recherche d’un certain William Goddam, ancêtre de la victime, qui a par ailleurs écrit un roman policier intitulé « L’égorgeur fantôme ». Quand James Hadley Chase annonce que William Goddam est employé par la Société NUTRIVIA, tout comme le sera son descendant en 2213, les deux robots sont prêts à partir cette fois pour l’année 1958, où ils apprennent que William Goddam a plagié un manuscrit de James Hadley Chase pour écrire son roman. Et lorsqu’ils le rencontrent, il s’aperçoivent qu’il est le parfait sosie du médecin légiste ayant pratiqué l’autopsie de John Goddam. Or, de retour au XXIIIème siècle, ils apprennent que justement au cours de l’autopsie, on a prélevé une partie du cerveau de la victime. Mais l’irrationnel prenant en plus le pas sur la science, nos deux héros sont conviés à partir pour la planète Gashïa afin d’y rencontrer un Mage et solliciter ses pouvoir.

R-Jens accompagna R-Job et R-Lex jusqu’à l’astroport. Durant le trajet, R-Job demanda :
— Au fait, pourquoi John Goddam ne possédait-il pas une identité totalement européenne ?
R-Jens soupira :
— Ah, parce que les ancêtres des Britaniens ont été pendant longtemps réticents à s’impliquer entièrement dans l’UE. Ainsi, ils n’ont adopté l’€uro comme monnaie qu’en 2095, et comme langue qu'en 2103. Jusqu’ à ces deux dates, ils avaient conservé respectivement leur Livre Sterling et leur vieux patois.
Les trois robots arrivèrent bientôt sur l’aire de départ d’Orly-Ouest, où attendait sur leur rampe de lancement, un bon nombres de fusées et d’avionefs.
R-Jens salua ses deux collaborateurs, et bientôt ceux-ci embarquèrent à bord de l’appareil en partance pour Gashaïa.
La cabine était presque remplie. Il y avait surtout des robots, mais également des humains, qui eux avaient été obligés de s’équiper d’un scaphandre spatial.
L’avionef ne tarda pas à décoller, et tout le monde partit pour un voyage de 8 h. L’utilisation de carburants de plus en plus sophistiqués et de méridiens d’accélération, avaient réduit à cette durée raisonnable, ce qui était encore il y a peu un périple de cinq années.
Quand ils arrivèrent à l’astroport de Xxillès, la capitale planétaire de Gashaïa, R-Lex était plutôt satisfait. Il aimait tout particulièrement venir sur cette planète. Celle-ci avait pas mal de points communs avec la Terre, notamment au niveau de l’atmosphère. Les Gashaïens étaient également semblables aux Terriens, si ce n’est qu’ils étaient unisexe et portaient tous de longues robes et des barbes en rapport.
Sagitarius, le Mage, était un Terrien né en 1953, qui avait été enlevé par des Gashaïens en 1975, alors qu’il n’avait que 22 ans. C’était lors d’une expédition qui avait pour but de ramener un Terrien afin d’étudier cette espèce. Les Gashaïens qui avaient eu connaissance qu’elle était relativement semblable à la leur, étaient curieux d’y voir de plus près. En tout cas, Sagitarius adopta tout de suite la planète Gashaïa et ne voulut plus repartir sur la Terre. Les Gashaïens acceptèrent de le garder, d’autant qu’ils découvrirent très vite qu’ils était doté de pouvoirs surnaturels toujours utiles. Il acquis par la suite une renommée qui devint stratosphériquement connue, et dans le vaste univers, on le surnomma le Mage.
Arrivé au poste de police de l’astroport, les deux robots-enquêteurs se signalèrent, et furent conduits très vite par deux collègues gashaïens à la demeure du Mage.
Ce dernier les accueillit avec plaisir. Il était bien sûr censé être âgé de 260 ans, seulement, l’atmosphère gashaïenne avait pour effet principal de ralentir énormément le vieillissement d’un Terrien ; ce qui fait que Sagitarius n’avait, biologiquement parlant, qu’environ 75 ans.
— Alors, comment allez-vous, chers amis ? demanda-t-il, tandis qu’ils se tenait devant l’entrée de sa hutte, confectionnée avec une glaise très compacte que l’on trouvait en moult endroits de la surface de la planète.
— Très bien, fit R-Job. Nous ne vous cacherons pas, cher Sagitarius, que nous avons besoin de votre aide.
Cette déclaration fit rire le Mage qui serra une chaleureuse poignée de main à R-Job, puis à R-Lex.
Il les fit entrer à l’intérieur de sa hutte, les convia à s’asseoir sur d’épais tapis, et après s’être placé pour sa part en position du lotus, il fit :
— Qu’est-ce qui vous arrive encore ?
— Oh, pas grand-chose, fit R-Job, nous avons simplement besoin que vous recherchiez d’éventuels esprits dans une machine à écrire.
Sagitarius passa la main dans ses cheveux et dans sa barbe qu’il avait très longs.
— Des esprits dans une machine à écrire ! fit-il.
— Oui, mais avant je vais vous donner un petit résumé de l’affaire, proposa R-Job.
Le Mage acquiesça, et R-Job se lança.
— Une UNDERWOOD, fit d’un air songeur Sagitarius lorsque le robot eut terminé son récit. Tiens, mon père en possédait une dans les années 50. Voilà qui ne me rajeunit pas. Et à propos de cela, je pense qu’il faut que je me rende sur la Terre ?
— Oui, bien sûr, fit R-Lex.
— Alors, justement, fit Sagitarius, il ne faut plus que j’abuse de ces expéditions terrestres, car à force on va finir par ne plus m’accepter ici, mais surtout, je risque de prendre plus vite de l’âge.
— Oh, ça ne sera pas long, fit R-Lex.
— J’espère, j’espère, fit le Mage.
Sans perdre de temps, les deux robots repartirent pour l’astroport en l’emmenant, et après qu’il eut fait tamponner sa carte de séjour par les autorités habilités, tous les trois embarquèrent dans l’avionef, en direction de la Terre.
Huit heures plus tard, ils arrivèrent à Orly-Ouest, et dix minutes après, ils étaient au siège du Central Sécuritaire.
R-Jens accueillit le Mage en le remerciant de bien vouloir apporter son concours.
Puis, à bord d’un véhicule à propulsion hydrogénique tout le monde partit pour le domicile de feu John Goddam.
Une fois dans la pièce où celui-ci avait été assassiné, Sagitarius regarda tout d’abord attentivement autour de lui, puis il tendit les doigts, afin d’extraire des parois de plexiglas, le mobilier par induction digitale.
Bientôt apparut une bibliothèque, puis un buffet, et enfin une table sur laquelle était posée l’UNDERWOOD.
Alors le Mage s’approcha de la machine à écrire, puis plaça ses mains bien à plat dessus. Très vite, une sorte de crépitement se fit entendre, puis apparut de la fumée qui sortait de l’intérieur de l’UNDERWOOD. Cette fumée était très blanche et épaisse, et monta jusqu’au plafond.
Le Mage se recula quand la fumée devint soudain de plus en plus sombre, puis très noire. Alors, on devina une forme humaine qui se posa sur le sol. Et dans les quelques secondes qui suivirent, apparut un homme tout de noir vêtu, qui se précipita sur le Mage en brandissant un couteau.

( la suite samedi prochain)