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29.02.2008
Roman et Underwood

Semaine studieuse et de travail avec la re-relecture du manuscrit de mon roman. Le premier jet est maintenant constellé de corrections en tout genre. Je vais faire encore une relecture, et je pourrai imprimer un second jet qui devrait être proche du définitif. De toute façon je me suis imposé un timing : dans un mois il faut que le manus soit parti pour soumission.
L’Underwood me prend pas mal de temps également, et de « peine ». Pas toujours évident d’improviser chaque semaine. Car à chaque fin d’épisode, je ne sais pas vraiment ce que va raconter le suivant, ou presque. Un happening intéressant que cet exercice, un exercice d’écriture sans doute formateur. Puis, essayer de se mettre un peu dans la peau des feuilletonistes d’antan, c’est aussi une expérience à vivre.
En tout cas, rendez-vous demain pour lire le 4ème épisode !
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23.02.2008
Le meurtre de l'Underwood (partie 3)
Résumé de la partie 1 et de la partie 2 : Le meurtre commis de façon apparemment irrationnelle à l’encontre de John Goddam originaire de Britanie, amène les deux robots-enquêteurs R-Job et R-Lex à entrer en action. La découverte du mot UNDERWOOD inscrit sur un mystérieux instrument qui se trouvait dans l’appartement de la victime, donne soudain l’idée à R-Job de partir pour le XIXème siècle.
R-Jens fut encore étonné.
— Je ne comprends pas, R-Job, pourquoi vous voulez partir pour le XIXème siècle ?
L’intéressé eut un petit sourire.
— Eh bien, voyons, la victime a été égorgée avec un couteau, objet devenu introuvable sur la Terre. Alors, une supposition : et si ce couteau venait d’un autre siècle ? De celui par exemple, qui a vu sévir un certain Jack que l’on n’a jamais identifié.
R-Jens fronça les sourcils.
— Vous êtes en train d’insinuer que Jack serait arrivé du XIXème siècle jusqu’à l’appartement de John Goddam, en plein XXIIIème siècle, pour assouvir ses penchants sanguinaires ! C’est un peu tortueux comme raisonnement, non ?
— Peut-être y est-il arrivé par hasard, suggéra R-Job ; les frictions infra-temporelles, ça existe, non ?
— Sans doute, fit R-Jens, mais enfin, c’est quand même très rare.
Le médecin légiste qui semblait bouillir dans son coin, intervint brusquement :
— Je vous rappelle que Jack éventrait ; alors que la victime a été simplement égorgée. Je sais de quoi je parle, c’est moi qui ai pratiqué l’autopsie !
— Il se contentait parfois d’égorger, dit R-Lex.
— Non, il éventrait ! insista le médecin légiste.
— R-Lex a raison, fit R-Jens, il lui est arrivé d’égorger simplement.
— Ah, bande de maudits robots ! s’énerva le médecin légiste, vous voulez toujours avoir raison ! Ce que vous pouvez être agaçants à la fin ! Bienheureux les Terriens des siècles passés qui n’étaient pas encombrés de vous !
— Ça suffit ! ordonna R-Jens, très en colère ; vos propos robotphobes pourraient vous coûter très cher !
— D’accord, d’accord, fit le médecin légiste, je préfère m’en aller. De toute façon, je sais bien que ça sera bientôt pour de bon, et sans qu’on me demande mon avis !
Il quitta la pièce, et ayant apparemment ravalé sa colère, R-Jens reprit :
— En tout cas, je ne crois pas qu’un voyage dans le temps s’impose.
— Écoutez, reprit, R-Job, avez-vous pu dater l’étrange instrument qui se trouve sur cette table ?
R-Jens prit un air embarrassé.
— À vrai dire, non. Nous avons quelques problèmes informatiques. Nous n’avons d’ailleurs pu faire qu’une analyse partielle du couteau.
— Il n’a pas été daté non plus ? demanda R-Job.
— Non, reconnut, R-Jens.
— Eh bien, justement, poursuivit le robot-enquêteur, j’ai comme l’intuition que ces deux objets proviennent du XIXème siècle, et qu'ils ont appartenu au fameux Jack. En allant y voir sur place, je suis persuadé que nous ferons avancer grandement l’enquête.
— Après tout, pourquoi pas, admit R-Jens. D’autant que nous n’avons vraiment aucun moyen pour identifier à partir de nos données, cet instrument portant la mention UNDERWOOD.
— Nous nous en doutons bien, fit R-Lex, sinon vous nous auriez fourni la solution. Mais alors, il ne se trouve donc pas dans la banque de données généralisées ?
— Hélas non, répondit R-Jens ; il fait partie de ce que l’on appelle les oubliés, suite à la catastrophe écologique de 2075. En ces temps bien lointains, la détérioration ultime de la couche d’ozone a entraîné des rayonnements de fréquence OMEGA+ qui ont réduit en poussière les livres en l’espace de quelques heures. Les spécialistes avaient prévu cette catastrophe et avaient demandé que toutes les données encyclopédiques soient saisies sur informatique. Mais il y a eu des ratées, et malheureusement cet étrange instrument fait partie du lot.
— Bon, alors, il n’y a vraiment plus rien qui s’oppose à notre départ, conclut R-Job.
— OK, fit R-Jens, vous allez pouvoir prendre place à bord d’un Tempornef.
Les quatre robots, dont l’assistante qui n’avait pas prononcé une seule parole comme l’exigeait sa fonction, quittèrent la pièce.
R-Jens emmena R-Job et R-Lex jusqu’à un sas qui se trouvait au dernier étage de l’immeuble du Central Sécuritaire. Là, était installé sur une plate-forme un Tempornef, c’est-à-dire un appareil de forme ovale en thumbostène, un métal obtenu à partir de minerais provenant de Saturne. Les deux enquêteurs prirent place à l’intérieur, bouclèrent leur ceinture, et R-Jens demanda alors :
— Vous saurez vous débrouiller pour piloter cet engin ?
— Pas de problème, fit R-Job, je positionne le GPT sur l’année 1888, très exactement au mois d’août, et sur le quartier de Whitechapel à Londres, État de Britanie.
— Angleterre, rectifia R-Lex ; en 1888, l’État de Britanie s’appelait l’Angleterre.
— Très juste, cher confrère, fit R-Job. Alors, je positionne 342,6667° temporatitude Ouet, et 525µ géosynthèse Nord.
Le robot pianota sur les touches d’un cadran situé juste devant lui, et le Tempornef se mit à vibrer.
— À toi l’honneur, cher ami, fit-il à l’intention de R-Lex en lui désignant de l’index une manette.
L’autre robot-enquêteur s’exécuta, et aussitôt, les deux confrères furent plaqués à leur siège, tandis qu’une multitude de cercles multicolores se mirent à tourner dans l’habitacle du Tempornef.
(la suite samedi prochain)
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22.02.2008
Calepin Jaune n°15 et "private joke"
Voilà, le Calepin Jaune, le fanzine du fantastique XIXème siècle en est à son quinzième numéro, et celui-ci vient de sortir.
Et le sommaire est :
Ni chair ni os, (nouvelle) par Justine Niogret
Le Paysage (nouvelle) par Patrick Duclos
Le Piqueur, (nouvelle) par Frédéric DurandL’heure exquise, (nouvelle) par Stella Guerden
Violette – une histoire idiote, (nouvelle) par Nico Bally
Volontaires pour la mort noire – 2ème partie, (nouvelle) par Thierry Rollet
Interview de l'auteur Charlotte Bousquet
A voir ou à revoir ou bien à ne pas voir : (chroniques)
Illustration de couverture : Michelle Bigot
Illustrations intérieures : Michelle Bigot
À tout cela, il faut ajouter ma nouvelle : Le Rendez-vous de Folkestone.
C’est une histoire qui se passe en partie dans un train, décor dont je suis assez friand, et à Londres et à Folkestone, souvenir des 70’s, quand je traversais la Manche avec le Ferry pour aller faire une petite cure musicale.
Alors si j’ai ajouté « private joke » dans le titre de cette note, c’est bien parce qu’il y a en une (et même plusieurs) dans cette nouvelle.
Je rappelle à cet effet, qu’une private joke, est une plaisanterie (voire plusieurs) qu’un auteur instille dans un récit.
Alors, je peux déjà dire qu’elle est d’ordre musical, et pour en savoir plus et la découvrir, le mieux est de commander ce numéro 15 en cliquant ici, ou mieux encore, de soutenir ce fanzine de qualité dévolu à l’imaginaire, en prenant carrément un abonnement ; et pour cela, on clique là.
Bonne lecture, et à demain pour le troisième épisode du « Meurtre de l’Underwood ».
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18.02.2008
Phénix Mag spécial nouvelles numéro 7 et "Chadoogie"
Bonne nouvelle pour commencer la semaine, puisque le spécial (justement) nouvelles numéro 7 de Phénix Mag est en ligne !
Alors voici le sommaire :
Jobi Gulzar : Marie-Madeleine
Annette Luciani : Le Missionnaire
Céline Guillaume : La Châtelaine de l’Au-Delà
Sylvain Lasjulliarias : La planète aux mille questions (3e épisode)
Nicolas Benard : Le Puzzle
Catherine Garry : Ce matin-là (Illustré par Catherine Garry)
William Blanc : Question de portée
Véronique Cabon d’Angelo : Au sadisme de l’écriture
Philippe Auffret : Réalité du Comte Ouar (Illustré par Stéphane Poinsot)
Rachel Gibert : Morbe
Freddy François : La solution finale
Et également ma nouvelle « Chadoogie » dont je parle depuis pas mal de temps, merveilleusement illustrée par Annick
de Clercq qui a également illustré la couverture de ce numéro 7.
Alors « Chadoogie » c’est de la science-fiction, c’est une histoire de voyage dans le temps, et c’est bien sûr… une histoire de chats !
Imaginez un peu, dans quelques siècles, qui peuplera et gérera la Terre ? Les chats, bien sûr ! Enfin ça, c’est un postulat parmi tant d’autres ; mais pourquoi pas ?
Clifford D. Simak a écrit « Demain les chiens » dans les années 50, moi j’ai tenté « Demain les… chats », qui est devenu « Chadoogie » au fil du temps.
Sans plus tarder, allez vite lire et télécharger ce spécial nouvelles numéro 7 de Phénix Mag, au moyen d’un simple clic ici même.
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16.02.2008
Le meurtre de l'Underwood (partie 2)
Résumé de la partie 1 : un meurtre au 48ème étage d’un immeuble, amène les robots-enquêteurs R-Job et R-Lex à entreprendre des investigations. Mais l’affaire s’avère complexe, car apparemment, vu le système de sécurité de l’immeuble, le meurtre n’a pas pu être commis de façon rationnelle. C’est ce qui est évoqué lors de la réunion de synthèse, au cours de laquelle apparaît soudain sur un écran, un instrument mystérieux qui pourrait être en rapport avec l’affaire.
C’était un instrument de couleur noire, de dimensions moyennes et de forme plutôt arrondie ; personne dans l’assistance n’était capable de lui donner un nom, et chacun affichait toujours de l’étonnement.
— Bon, fit R-Jens, on va regarder cela de plus près.
Il claqua de nouveau ses doigts, et au fond de la pièce, une porte s’ouvrit pour laisser le passage à un robot-assistante au crâne lisse et au visage modelé sur celui de Twiggy, un mannequin du XXème siècle. L’assistante poussait une table en plexiglas, sur laquelle était posé ce que tout le monde reconnut comme étant l’instrument apparu sur l’écran.
Vu de près, celui-ci semblait encore plus insolite. En le touchant on s’apercevait qu’il était fabriqué avec un métal dont on ne trouvait plus guère trace sur la Terre en ce XXIIIème siècle. Il se composait de deux parties ; une partie haute, comprenant notamment un cylindre, et une partie basse parsemée d’étranges touches sur lesquelles étaient inscrits une lettre de l’alphabet ou un signe de ponctuation.
R-Job appuya délicatement sur l’une des touches, et aussitôt, une fine tige métallique se souleva, et s’en vint frapper une sorte de ruban placé devant le cylindre.
— Attention ! s’écria le médecin légiste, ce que vous faites peut être dangereux !
R-Job passa outre, et tourna cette fois l’un des deux gros boutons fixés à chaque extrémité du cylindre. Ce dernier pivota légèrement, et le robot-enquêteur préféra ne pas insister.
— Mais vous êtes impossible ! pesta le médecin légiste.
En vérité, il n’aimait pas beaucoup les robots, sachant que des modèles mis au point récemment en Niponie, allaient très bientôt remplacer tous les membres de sa profession, et il ne se privait pas de le montrer.
— D’accord, d’accord, fit R-Job.
Ce fut cette fois R-Lex qui intervint en déclarant :
— Vous avez vu ce qui est écrit ici ?
— Quoi donc, R-Lex ? fit R-Jens.
Le robot-enquêteur pointa son index sur une plaque métallique située derrière le cylindre, sur laquelle était inscrit en lettres dorées le mot UNDERWOOD.
— U.N.D.E.R.W.O.O.D, épela R-Lex. Mais si je ne m’abuse, cela ressemble à un vieux patois qui était parlé jadis dans l’État de Britanie.
— Et qui signifiait ? fit R-Jens.
— Si je ne me trompe pas, reprit le robot-enquêteur, ce mot signifiait à peu près « En dessous du bois ».
— Mais alors, repartit R-Job, tout commence à se recouper. La victime n’est-elle pas originaire de Britanie ?
— Mais oui, fit R-Jens ; de Londres, la capitale de cet État. Mais où voulez-vous en venir ?
R-Job ne put réprimer un sourire.
— Eh bien, fit-il, la solution se trouve peut-être là-bas. Pour quelle raison la victime a-t-elle quitté la Britanie pour la Francie ?
— Pour des raisons professionnelles, répondit R-Jens. La victime travaillait pour le consortium européen NUTRIVIA, le fabriquant des pilules nutritives les plus consommées sur la planète. Or, le siège de cette firme se trouve à Paris ; pour John Goddam, c’était donc une promotion.
— Au fait, que savons-nous exactement sur ce Goddam ? interrogea R-Job.
— Maintenant, tout ! rétorqua R-Jens. John Goddam était célibataire, n’avait aucun ennemi, et était passionné par son travail. Durant son temps libre, sa seule distraction était la lecture. Il pouvait rester des heures entières devant l’écran de son ordinateur à dévorer des tas de romans, certains datant de plusieurs siècles.
— Du XIXème, par exemple, fit R-Job.
Le chef de brigade ne cacha pas son étonnement.
— Pourquoi donc le XIXème ?
— Oh, c’est une suggestion ; mais en tout cas, je propose à mon cher collègue, R-Lex, de m’accompagner jusqu’à ce siècle, où nous pourrons sans doute rencontrer un personnage des plus intéressants …
(la suite samedi prochain)
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11.02.2008
Une histoire de machine à écrire
Voilà, je l’avais annoncé, je l’ai fait. J’ai commencé à écrire l’histoire d’une machine à écrire, d’une Underwood pour être plus précis. Je dis bien, commencé, car il va s’agir d’une histoire en plusieurs épisodes, en de multiples épisodes même. Renouant avec la tradition des feuilletonistes du XIXème ou même du début du XXème qui publiaient chaque jour dans un journal un épisode d’histoires qui pouvaient durer des années, je vais, chaque samedi, mettre en ligne, un nouvel épisode du « Meurtre de l’Underwood ». Exercice passionnant, s’il en est, que d’improviser une histoire, avec certes un tenant, mes un aboutissant incertain, qui se construira au fur et à mesure des circonstances, des inspirations, tout en tenant une ligne cohérente, indispensable à ce genre de pratique. Combien y aura-t-il d’épisodes ? Impossible à dire ou à déterminer aujourd’hui. Sans aucun doute beaucoup.
En tout cas, je peux vous affirmer que ce sera du polar mêlé à de la S-F et à du fantastique. C’est en quelque sorte une histoire de meurtre en chambre close à la sauce XXIIIème siècle, ce qui n’est pas une mince affaire. Mais il n’est pas dit que l’on se cantonnera au XXIIIème siècle, un petit voyage au XIXème et au XXème ne serait pas sans intérêt.
Donc rendez-vous chaque samedi, et en tout cas au prochain, pour suivre l’enquête de R-Job et R-Lex, deux robots-enquêteurs qui vous deviendront très vite familiers.
Vous pouvez lire ou relire le premier épisode mis en ligne le samedi 9/02, en cliquant ici.
Ah, encore une chose, pour l'occasion, j'ai créé (colonne de gauche), une nouvelle rubrique "Feuilletons".
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09.02.2008
Le meurtre de l'Underwood (partie 1)
8 juillet 2213 - Paris (États-Unis d’Europe)
Il était 16 h 03, quand le signalement d’un meurtre commis au Bloc 9, Section Ouest du Quartier des OGM, arriva au Central Sécuritaire, qui envoya aussitôt R-Job et R-Lex, deux de ses meilleurs robots-enquêteurs.
Ces derniers qui avaient l’habitude de travailler ensemble, se rendirent très vite au Quartier des OGM qui, comme son nom l’indique, était une zone rurale avec ses pelouses synthétiques et ses nombreuses fontaines virtuelles.
Les deux enquêteurs sortirent de leur XX 4000 à propulsion hydrogénique et se dirigèrent vers l’entrée du Bloc 9, un immeuble cylindrique de 55 étages en plexiglas. Des robots-gardiens de la paix étaient stationnés devant dans leur uniforme en latex noir.
R-Job et R-Lex leur montrèrent aussitôt leur carte de service.
— Très bien, dit l’un des robots-gardiens de la paix, je vais vous conduire dans l’appartement où a eu lieu le meurtre.
Tous les trois prirent l’ascenseur qui s’arrêta au quarante-huitième étage, et suivirent un long couloir jusqu’à un appartement dont la porte était ouverte. À l’intérieur, ils trouvèrent deux autres robots-gardiens de la paix, ainsi qu’un homme petit et chauve en veste bleue, qui étaient debout, immobiles, près d’un individu allongé sur le sol, baignant dans une flaque de sang.
Les deux enquêteurs se présentèrent de nouveau, et l’homme à la veste bleue s’exclama :
— Ah, s’il vous plaît, retrouvez le coupable !
— On va faire de notre mieux, déclara R-Job. Mais qui êtes vous donc, monsieur ?
— Je suis un ami de la victime, dit l’homme à la veste bleue. J’étais venu lui rendre visite. Comme il ne répondait pas, j’ai utilisé le code digital qu’il m’avait fourni pour ouvrir la porte, et une fois entré, je l’ai trouvé comme il est maintenant.
L’un des deux robots-gardiens de la paix qui attendaient avec l’homme à la veste bleue, dit alors :
— La victime s’appelle John Goddam ; il est né le 4 septembre 2173 dans l’État de Britanie, et il s’était installé en Francie il y a 8 ans.
— On lui connaissait des ennemis ? demanda R-Lex.
— À ce stade de l’enquête, on ne peut encore rien dire, répondit le robot-gardien de la paix.
R-Lex et R-Job hochèrent la tête. Ils étaient parfaitement identiques tous les deux, avec leur crâne lisse et leur visage inspiré de celui de David Bowie, un artiste des siècles passés. Leur ressemblance était par ailleurs accentuée du fait qu’ils portaient chacun la combinaison en latex jaune de leur brigade d’Inquisition, et avaient tendance à afficher les mêmes mimiques, voire les mêmes tics.
Ils arpentèrent alors toutes les pièces de l’appartement, bras tendus, mains ouvertes et doigts écartés, afin de capter toutes les données magnétiques environnementales, qui étaient aussitôt transmises à l’ordinateur globaliste du Central Sécuritaire.
Une fois ce travail terminé, R-Lex lança aux robots-gardien de la paix :
— Bon, il faut appeler une ambulance afin de conduire le cadavre à l’Institut médico-légale. Vous prendrez aussi la déposition de l’ami de la victime par captation génétique.
Puis les deux enquêteurs quittèrent les lieux.
Trois heures plus tard, ils furent réunis dans le sas de synthèse du Central Sécuritaire avec le médecin légiste, afin d’écouter le compte rendu donné par leur chef de brigade, qui était également un robot, doté de larges narines et de lèvres charnues, répondant à l’appellation de R-Jens.
Ce dernier commença :
— Bon, la victime a été tuée suivant la pratique de l’égorgement. Sa gorge a été tranchée dans le sens vertical, avec une légère bifurcation horizontale à l’approche du menton. L’objet utilisé est sans nul doute cet instrument que l’on appelait autrefois un couteau, et dont normalement on ne trouve plus un seul exemplaire depuis cinquante ans. Rappelez-vous, à l’époque, suite à ce que l’on a appelé le syndrome de Jack, et une multitude d’égorgements, une chasse aux couteaux a été effectuée sur toute la planète. Officiellement, on n’en trouve plus depuis très exactement l’année 2183.
— Il faut croire qu’il y en a au moins un qui a échappé à la chasse, suggéra R-Job.
— M’ouais, peut-être, fit le chef de brigade. En tout cas, autre point important, le Bloc 9 est parfaitement sécurisé ; toute intrusion incohérente aurait forcément laissé des traces. Or, les différentes analyses n’ont rien révélé ; absolument rien.
— Incroyable ! fit R-Lex, la victime aurait donc été égorgée par un fantôme ? Car je ne pense pas que les systèmes de sécurité puissent profiler les manifestations irrationnelles.
Le médecin légiste, qui lui était un parfait humain de trente-cinq ans aux cheveux et à la moustache noirs et broussailleux, vêtu d’une grande blouse blanche, intervint :
— Ce serait alors un fantôme qui aurait le geste sûr, car si l’on excepte une légère déviation dans la trajectoire de la lame, le coupable a opéré de façon déterminée.
— Pourquoi un fantôme ne serait-il pas déterminé et n’aurait-il pas le geste sûr ? plaisanta R-Job.
Les déclarations respectives des deux robots-enquêteurs ne furent pas du goût du médecin légiste, un orthodoxe du rationalisme, et le chef de brigade intervint aussitôt :
— Ne nous perdons pas dans des considérations hasardeuses. D’autant qu’il existe un élément des plus surprenants.
— Quoi donc ? fit R-Job.
R-Jens marqua une légère pause avant de répondre :
— Eh bien, nous avons trouvé dans l’appartement de la victime, un objet, ou plutôt un instrument vraiment curieux.
Le chef de brigade claqua alors ses doigts, et l’écran qui était fixé à l’un des murs de la pièce s’éclaira, puis apparut très vite dessus, quelque chose qui tira de l’assistance des exclamations de surprise.
(La suite samedi prochain…)
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03.02.2008
Écrire le mot "FIN"
Écrire le mot "FIN" dans un roman, c’est un peu l’aboutissement d’une aventure. Même si l’on sait qu’il y a encore du travail en perspective, des heures et des heures de re-re-lecture, de corrections, on a quand même parcouru un bon bout du chemin. L’histoire est terminée, les personnages ont mené leur vie. Ils ont évolué, dialogué ; la plupart du temps, il nous ont même échappé… bref, maintenant ça va être plus cool. On n’a plus à se poser de questions sur ce qui va se passer, ou ne pas se passer. Il y aura bien sûr des modifications, mais le plus important est réglé. Pour ma part, j’estime que 90% est réalisé. Maintenant, on va fignoler, jusqu’à l’étape suivante : l’envoi du manus.
Une autre histoire, une autre aventure. Mais il faut commencer par l’écriture, et depuis hier après-midi, le mot "FIN" a été écrit.
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