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28/12/2016

Petite promenade (photos Régine Vast)

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Et détour chez le bouquiniste pour trouver de quoi boire à la bonne source !

27/12/2016

Le changement

Le changement, à l'aube d'une nouvelle année, c'est plutôt tentant. Mais c'est aussi le thème d'un appel à textes lancé par Ikor éditions, le tout chapeauté par Marc Bailly de Phénix web et maintenant et à nouveau, Phénix Mag version papier.

Changer de maison, de vie, de sexe, de chaussettes... C'est ce que l'on appel un thème ouvert, très ouvert même, et je ne pouvais que m'y engouffrer.

Copie à rendre pour la fin février au plus tard...

26/12/2016

Les sœurs Papin

J'ai revisionné le film "Les blessures assassines", traitant de l'affaire des sœurs Papin, reconnues coupables du meurtre de leur patronne et de sa fille, dans les années 30 dans la Sarthe.

J'ai découvert cette affaire, par hasard, dans les années 80, dans une librairie toulousaine. Un ouvrage tiré d'un rayon, qui offrait une version de l'affaire vue à travers les théories lacaniennes. Plus tard, au cinéma, j'ai vu avec intérêt le film de Chabrol "La cérémonie", tiré de "L'analphabète", le roman de l'auteure de polars anglaise Ruth Rendell. Ces deux œuvres s'inspirent également de l'épopée funeste des deux bonnes, alias Christine et Léa Papin.

À propos de son film, Chabrol estimait qu'il avait produit "le dernier film marxiste".

À l'époque j'avais pleinement adhéré à cette vision de l'affaire, n'ayant pas été convaincu par la thèse purement psychanalytique.

Avec le recul, je serais plus nuancé. Je reconnais en effet la complexité psychologique des deux intéressées et la part que cette complexité a joué dans leur passage à l'acte. Toutefois, je reste campé dans une explication de pure révolte sociale, une sorte de révolte des esclaves inéluctable. Imaginons, la vie de deux sœurs assignées à résidence pour gagner leur vie, dans une maison bourgeoise des années trente... On se situe avant 36, pas de congés payés, pas de 40 heures... on travaille jusqu'à l'heure du coucher. Peut-être une journée le repos le dimanche, et encore, lorsqu'on n'a pas besoin de ses bonnes pour les emmener travailler à la campagne. Le confinement, les humiliations, la suffisance d'une bourgeoisie de province profonde. Les frustrations, l'amertume s'accumulent, et le couvercle finit par sauter... L'affaire des sœurs Papin, ni plus ni moins que la trame d'un polar à caractère social.

25/12/2016

Joyeux Noël bleu

Avec Robert Gordon :

 

24/12/2016

Mort d'un coiffeur

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Arthur Miller a écrit "Mort d'un commis voyageur", et moi, modestement, je vais tenter quelques lignes sur celle d'un coiffeur.

Le coiffeur du village de R est mort jeudi, d'un seul coup. Il s'est écroulé chez lui, à peu près cinq minutes après avoir coiffé son dernier client. Il a terminé sa longue carrière de 53 années après le dernier coup de ciseau, le dernier coup de peigne. Il devait prendre sa retraite dans deux ans, mais il était écrit qu'il partirait après avoir déposé ses outils, en attendant de  les reprendre le lendemain... en principe...

Près de son salon, coule une petite rivière, presque un ruisseau. Le salon est fermé, pour cause de décès, il est peu probable qu'il rouvre un jour, alors que la rivière continuera de couler.

Il en va ainsi des êtres ; ils s'en vont, parfois sans avertir, tandis que les rivières coulent toujours.

23/12/2016

Variable d'ajustement

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Je connais depuis plusieurs années Philippe Declerck, l'auteur de ce superbe roman. J'ai lu ses polars et c'est avec grand intérêt que j'ai découvert son incursion dans la littérature dite blanche ou générale.

Variable d'ajustement, qu'est-ce à dire ? C'est le terme froid et cynique employé dans l'univers du libéralisme pour désigner la main d'œuvre, les salariés, que l'on adapte en fonction des intérêts de l'entreprise. En un mot, tous ceux que l'on peut virer du jour au lendemain dans l'intérêt des dividendes.

Mathilde, le personnage principal du roman, est cadre dans une entreprise. Pétrie de certitudes, elle a toujours cru au paradis capitaliste, jusqu'à ce qu'elle se fasse jeter comme une vieille chaussette. Eh oui, faut restructurer, faut donner du souffle à la société, alors, faut dégraisser...

Confrontée au monde du chômage, à l'univers kafkaïen de Pôle Emploi, Mathilde voit très vite fondre ses certitudes, découvrir un nouvel univers, celui de la réalité à l'état brut.

Le réveil est brutal, tellement brutal qu'elle doit s'anesthésier, d'abord à coup d'alcools, puis de médocs. La descente aux enfers peut commencer...

Les fables sur les chômeurs, l'assistanat, toutes les idées reçues, les formules stupides auxquelles elles croyait, lui reviennent en pleine figure. Elle en prend plein la tête Mathilde.

Après avoir perdu son boulot, elle perd ses illusions, puis son mari... il ne lui reste plus que ses deux enfants... oui, mais pour combien de temps ?

Ce sera l'épilogue...

Ce roman est complètement ancré dans la réalité sociale comme les excellents polars, les meilleurs romans noirs. Philippe Declerck vient de cette littérature-là, et il utilise son savoir-faire en la matière pour amener au plus loin son roman, le rendre hyper crédible, psychologiquement détaillé et vrai, le tout servi par une écriture fluide et directe qui va à l'essentiel.

Lisez "Variable d'ajustement", ne passez pas à côté de l'un des meilleurs romans de l'année 2016 :

 

Variable d'ajustement

 

Philippe Declerck

 

éditions Fleur Sauvage

 

ISBN : 979-10-94428-22-1

16,80 €